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Les cours se déroulent à l'Auditorium Germaine Tillion du MuCEM,
1, Esplanade du J4, 13002 Marseille
Contact : [email protected]
Des places sont disponibles par correspondance, veuillez trouver ci-dessous les documents à télécharger et à envoyer :
À travers les siècles et sur les rives multiples de la Méditerranée, le jardin s’est imposé comme un lieu d’art, de pensée et de relation sensible au vivant. Ce cycle propose un parcours historique et culturel à la découverte de ces paysages façonnés par le climat, les usages et les imaginaires méditerranéens.
Des jardins romains antiques, conçus comme des prolongements raffinés de l’architecture domestique, aux espaces urbains médiévaux d’al-Andalus, de l’Alhambra à Cordoue, se dessinent des modèles où l’eau, l’ombre et la géométrie répondent aux exigences du territoire. Les jardins monastiques du Sud de la France témoignent quant à eux d’un autre rapport à la nature, entre contemplation, savoir botanique et organisation symbolique de l’espace. Le parcours se poursuit au Maroc, avec l’étude des jardins arabo-andalous historiques depuis le XIe siècle, lieux de pouvoir, de poésie et de transmission des formes. Enfin, les créations des XXe et XXIe siècles ouvrent une réflexion sur les réinterprétations contemporaines de cet héritage, entre mémoire, innovation et enjeux environnementaux actuels.
Ce cycle invite ainsi à explorer le jardin méditerranéen comme un art du temps long, à la croisée de l’histoire, de l’esthétique et du paysage.
Le millénaire qui s’étend du Ve au XVe siècle en Europe, que l’on désigne sous le nom de Moyen Âge, est marqué par des transformations aussi nombreuses qu’elles sont fréquentes et profondes, dans les domaines politique, économique, social, démographique ou encore religieux. Ces changements influent sur la production artistique, qui suit aussi sa logique propre, avec pour conséquence un renouvellement régulier des formes, où se succèdent et se côtoient l’indifférence la plus marquée pour la représentation fidèle du réel et de remarquables recherches naturalistes.
L’héritage antique reste bien vivant : en Orient, l’empire romain ne disparait définitivement qu’avec la chute de Constantinople en 1453 ; en Occident, les « invasions barbares » sont porteuses d’évolutions et de nouveautés stylistiques, mais elles ne font pas disparaître les apports de l’Antiquité romaine. Le Moyen Âge ne cesse de se retourner vers cette Antiquité, et la Renaissance des XIVe et XVe siècles est précédée de la Renaissance carolingienne et de la Renaissance du XIIe siècle.
La notion d’art au Moyen Âge doit ne va pas toujours de soi. Une partie de la production artistique fait l’objet de critiques et de contestations, de la part des penseurs iconoclastes byzantins ou des moines cisterciens. Contrairement à l’Antiquité et aux périodes modernes et contemporaines, le Moyen Âge ne connait pas de véritable marché de l’art, du moins avant le XIVe siècle où apparaissent ses prémices, au même moment où commence à s’affirmer le statut social des artistes. Les œuvres médiévales sont indissociables de leur fonction et de leur usage, bien souvent religieux avant tout, même si leurs dimensions civiques et sociales sont elles aussi importantes.
L’architecture, la sculpture, l’orfèvrerie, la peinture sont mises au service de la plus grande gloire de Dieu et de ses saints, ce qui n’empêche pas de mettre, par ailleurs, en avant le rôle des commanditaires, qu’il s’agisse d’aristocrates, d’hommes d’Église ou de communautés urbaines.

La carrière d’Antoine Watteau, entre la fin du règne de Louis XIV et pendant la Régence, a été célébrée principalement pour ses fêtes galantes. Pourtant, ces scènes représentant des contemporains richement vêtus, installés dans des paysages bucoliques préexistent largement à cette période. Une nouvelle exploration de la vie et de la carrière de Watteau le fait apparaître comme rénovateur plutôt qu’inventeur du genre. En abandonnant les lectures romantiques entretenues par la critique depuis le XVIIIe siècle et en privilégiant une perspective aussi objective que possible, reposant sur les archives et les analyses matérielles des œuvres, il est possible d’appréhender un autre Watteau. Ainsi, en mettant à jour les connaissances liées aux biographies anciennes, et en étudiant les réseaux de sociabilité du peintre et son rapport au phénomène de mode de manière globale (entendu aux sens de tendances vestimentaires et de manifestations de l’évolution du goût), une stratégie commerciale bien rodée se dévoile. L’efficacité de cette dernière explique la postérité de Watteau après sa mort. Ses nombreux suiveurs, qui reprennent ses sujets et sa manière de travailler, assurent la pérennité des images et de la stratégie créées par ce peintre à la mode et son succès jusqu’à nos jours.
Entre le XIVe et le XVIe siècle, la peinture italienne connaît une transformation profonde. En quelques générations, l’image passe du fond d’or médiéval à l’espace profond de la perspective, du hiératisme des figures sacrées à l’étude attentive du corps humain, de la surface plane à la lumière vibrante de la couleur vénitienne ?
Ce cycle propose de comprendre cette évolution à travers l’analyse d’œuvres majeures de Giotto, Masaccio, Léonard de Vinci, Michel-Ange, Bellini ou Titien. À Florence, la mise au point de la perspective par Brunelleschi et Alberti fait du tableau un espace cohérent et calculé. L’étude de l’anatomie et le retour à l’Antiquité transforment la représentation du corps humain. À Venise, la maîtrise de la peinture à l’huile renouvelle la lumière, la couleur et l’atmosphère.
Ces innovations ne relèvent pas seulement de la technique : elles traduisent une nouvelle attention portée au monde sensible et à la place de l’homme dans l’image. En dialogue avec les mathématiques, l’optique et les savoirs anatomiques, la peinture devient alors un véritable laboratoire du regard dont notre monde contemporain porte encore l’héritage.
